30 janv. 2017

Petite histoire des mots : L'abricot

L'abricot


Ce fruit était connu dès l'Antiquité en Europe et il est cultivé en Italie à partir du Ier siècle de notre ère. Selon Pline, il se vendait 30 sesterces pièce.
Il était nommé præcoqua.Le terme præcox (præcoquo) s'appliquait aux plantes et aux fruit précoces ou mûrs. On trouve aussi chez Pline le mot armeniacum, fruit d'Arménie, l'Arménie étant la provenance immédiate.


Le fruit est originaire de Chine en fait, mais il va faire le tour de la Méditerranée par des chemins étranges. Il reste arménien dans les parlers lombards par aphérèse sans doute par mauvaise coupe ou par métathèse : mungnaga, ramognega.

Les Arabes d'Espagne réintroduisent præcoqua et ils emploient alors devant lui l'article arabe al, mais en outre ils changent le timbre de p qui n'existe pas en arabe en b. Le mot devient al-barqûq, et en espagnol albaricoque, en portugais albricoque par syncope. L'italien albicocca témoigne de l'influence espagnole à la Renaissance.

Il entre en français sous la forme aubercot (1512-1535) à partir du catalan abercot, albercot et il devient abricot en 1547. Le français montre encore une hésitation face à la liquide l devant consonne qui se vocalise dans aubercot. On doit donc supposer une simplification de la prononciation avec la métathèse d'abricot qui permet de conserver le timbre d'a, mais sans doute aussi du fait d'un intermédiaire portuaire portugais.

Le mot français donne ensuite l'anglais apricot (sans doute par croisement avec apple ou april, mais peut-être par une prononciation régionale française), l'allemand Aprikose, le néerlandais abricoos par affaiblissement. 



Quoi qu'il en soit, l'abricot, fruit doré et subtilement sucré, est un vrai délice !  



24 janv. 2017

Entretien pour Un livre dans ma valise

Le blog Un livre dans ma valise est tenu par Sandrine, blogueuse-voyageuse-lectrice :-D
Elle aime associer les voyages et les livres, car elle pense que "glisser un livre dans ma valise, c’est avoir toujours un compagnon de route pour me guider, me distraire, m’informer, satisfaire ma curiosité… De cette envie d’avoir des guides de voyage et des romans liés à mes destinations de vacances/de voyages/de courtes escapades, en découle l’idée de partager avec mes enfants, cette découverte des Autres : autres paysages, autres cultures, autres modes de vie, autres climats, autres animaux,etc."


Nous nous connaissons déjà depuis quelques temps, puisqu'elle avait déjà chroniqué Ma petite soeur du séisme.

Cette fois-ci, c'est pour La saveur des bananes frites que Sandrine et moi avons échangé.
Vous pouvez retrouver notre entretien sur son blog.


Un grand merci à elle et à tous les voyageurs-lecteurs qui auront envie de découvrir mon roman et Haïti...




22 janv. 2017

Concours

Bonjour,

En janvier, il n'y a rien : pas de fête, pas de cadeaux... Alors pour compenser, je vous propose un concours :
Six livres à gagner (si si !) ! Donc six gagnant-e-s !

- 2 exemplaires de L'armée des rats
- 2 exemplaires de Ma petite soeur du séisme.


Pour cela, il faut :
- Liker ma page Facebook si ce n'est pas encore fait,
- Partager le post en mode public,
- Laisser un commentaire sous le post de ma page Facebook en taguant 3 ami-e-s,

Et voilà ;-)
Tirage au sort le dimanche 5 février !

BONNE CHANCE A TOUS !
 
 
 

20 janv. 2017

Un peu de technique : peut-on employer par contre ?

Un peu de technique littéraire : l'emploi de par contre


Condamnée par Littré d’après une remarque de Voltaire, la locution adverbiale Par contre a été utilisée par d’excellents auteurs français, de Stendhal à Montherlant, en passant par Anatole France, Henri de Régnier, André Gide, Marcel Proust, Jean Giraudoux, Georges Duhamel, Georges Bernanos, Paul Morand, Antoine de Saint-Exupéry, etc.

Elle ne peut donc être considérée comme fautive, mais l’usage s’est établi de la déconseiller, chaque fois que l’emploi d’un autre adverbe est possible.


Ce n’est pas toujours le cas. Gide remarquait à ce propos : Trouveriez-vous décent qu’une femme vous dise : « Oui, mon frère et mon mari sont revenus saufs de la guerre ; en revanche j’y ai perdu mes deux fils »

 
André Gide

19 janv. 2017

Petite histoire des mots : Faire fissa

Tout le monde emploie l'expression « Faire fissa » qui signifie "faire vite, se hâter".  
Origine :
Cette expression s'est généralisée en France au début du XXe siècle, mais elle était utilisée par les soldats d'Afrique du nord avant 1870.

Elle vient de l'arabe "fi's-sâ'a" qui veut dire "sur l'heure, très vite" ou "à l'heure même", selon les traductions, et est composé de "fi" pour "dans" et de "sâ'a" pour "heure, moment".




Exemples :
« Nous faisons fissa à travers le parc jusqu'à ma voiture… Eh, fouette ! cocher : en route pour l'hosto. »
San-Antonio - Le Secret de Polichinelle

« Insistez pas (…) le pauvre mec est camé à zéro (…) Y aurait intérêt à le montrer à un toubib, et fissa ! »
Albert Simonin - Touchez pas au grisbi



Ailleurs :
Pays / Région Expression équivalente Traduction littérale
Allemagne / AutricheDalli dalliVite vite
AngleterreChop chopVite vite
États-UnisOn the doubleSur le double
États-UnisProntoRapidement
États-UnisLickety-splitÀ pleine vitesse
France (Franche-Comté)Faire ficelle
HongrieAzon nyombanSur la même piste
InformatiqueASAP (As Soon As Possible)Aussi tôt que possible
Italie (Sicile)SpidugghiàrisiSe débrouiller (= se libérer des fils qui lient)

17 janv. 2017

Virelangue : Le cri de qui ?

Virelangue: Répétition rapide et répétée d'une suite de mots présentant une difficulté de prononciation et/ou de compréhension :


Le criquet de la crique crie son cri cru et critique car il craint que l'escroc ne le croque ou ne le craque.







11 janv. 2017

Les animaux dans mes romans

Dans mes romans, il y a toujours un chat, un chien ou n'importe quel autre animal (loup, chouette, rats...) ! J'aime les animaux, et chacun de mes livres en a au moins un... ;-)

 Dans le Mystère de la grotte au diable, vous trouverez un loup, un chat aux yeux d'or, une chouette, des geais...
Dans l'armée des rats, vous avez... des rats (en plus du loup...)
Dans ma petite soeur du séisme, il y a le hérisson Alexandro !
Dans L'enfant du séisme, un chat,
Dans Pulpeuse Fiction, le chat Bigoudi...



Voilà mes deux matous, Patchouli et Darjeeling !
(mais j'ai aussi un chien et deux poissons rouges... sans compter les araignées dans quelques recoins :-) ! )


Et chez vous, la ménagerie, elle est composée de qui ? :-D



10 janv. 2017

Concours pour gagner trois exemplaires de La saveur des bananes frites

Bonjour,

Vous voulez gagner un exemplaire de mon dernier roman jeunesse La saveur des bananes frites ? Rendez-vous sur la page Facebook de mon éditeur pour participer et...

BONNE CHANCE


 

Conte : Les enfants de la Terre



Je suis un sac à histoires.

J'aime l'idée d'être un sac à histoires.
Les histoires, je les collecte, les tourne et retourne dans tous les sens, en cherche l'intérêt, la morale, la vertu...
Je suis un sac à histoires, et voici qu'est tombée dans ma besace, en ce début d'année, une histoire sur le début de la vie, sur les origines. Elle raconte l'Homme, les Hommes. C'est un récit parmi d'autres, je suis sûre qu'il existe des centaines - que dis-je, des centaines, des milliers - d'autres récits sur les origines, mais moi, c'est celle-là que j'ai retenue.
Parce que j'aime les loutres et les étoiles.

Alors voilà, en ce début d'année qui me rappelle les débuts de l'Humanité, mon récit sur Ses Origines.


Une nuit, une comète qui vagabondait en une longue course autour du soleil passa à proximité d'une planète dont la surface étincelait. Curieuse, elle s'approcha et vit son propre reflet ainsi que celui de milliers d'étoiles dans une gigantesque étendue d'eau. Ce qu'elle découvrit d'elle-même, un astre brillant avec une chevelure d'argent, l'incita à s'avancer davantage pour mieux se détailler : c'est ainsi qu'elle tomba dans la mer et coula jusqu'au fond. Alors qu'elle se maudissait d'avoir été aussi maladroite, un animal vint à elle, fluide et souple, avec une tête ronde, des yeux étirés et des poils lisses.
― Bonjour, qui es-tu, demanda la comète ?
― Je suis Loutre, répondit l'animal. Et toi ?
― Une comète maladroite qui s'est penchée un peu trop pour admirer son image : Voilà ce qu'il m'en coûte, car je me suis noyée. C'est mon châtiment.
― Tu n'es pas noyée, tu es simplement dans la mer. L'eau n'est pas un châtiment.
― Mais ce n'est pas mon élément ! Tu vis dans l'eau, toi ?
― Je suis aussi à l’aise dans la mer que sur la terre, répondit Loutre. Je suis en équilibre entre les vents du grand air et les émotions profondes des eaux. Et toi ?
― De planètes en astéroïdes, je voyage autour du soleil, dont le rayonnement souffle sur ma chevelure d'argent qui s'allonge au fil du temps.
Voyant qu'elle ne pouvait le faire seule, Loutre sortit Comète de l'eau. La nuit était claire, et elles se racontèrent longtemps, voyages, découvertes, rencontres... Quand elles se furent tout dit, un grand silence envahit la berge.
La comète envisagea la loutre : Elle faisait un grand et beau voyage, certes, mais elle était condamnée à suivre toujours la même trajectoire. La vie de Loutre lui parut un vrai trésor.
La loutre envisagea la comète : Elle pouvait passer à sa guise de l'air à l'eau, certes, mais ne pouvait pas voyager sur de longues distances qui l'éloigneraient trop de la mer. La vie de Comète lui parut un vrai trésor.
Elles s'écrièrent en même temps :

― Je t'envie, Loutre ; Je t'envie, Comète.
Mais le souffle du vent qui séchait la chevelure de la comète et le poil de la loutre se permit d'intervenir :
― A quoi cela vous servira-t-il de vous envier l'une et l'autre. D'après ce que je vois et ce que j'entends, moi, je dis que vous êtes complémentaires, et que c'est une très belle et bonne chose !

Le vent avait raison. On dit qu'à la suite de cette rencontre, la comète et la loutre s'unirent, et que de leur amour naquit la première femme et le premier homme.
 »
  



Je suis un sac à histoire, et c'est ce secret des origines qu'on y a déposé : Est-ce exactement comme cela que ça s'est passé ? Je n'en sais rien. Toujours est-il que c'est une certitude, les femmes et les hommes sont faits de parcelles d'étoiles, de terre et d'eau, issus de l'immensité de l'univers et de la profondeur des océans.
Comme la comète, ce sont de grands voyageurs, et ils ont aimé parcourir leur planète et la découvrir toute entière, d'un pôle à l'autre...
Comme la loutre, les hommes et les femmes se sont adaptés à tous les milieux, ils ont recherché la liberté des grands espaces, les mystères des profondeurs des mers, et se sont installés partout...
Comme l'union de l'espace et de l'eau le laisse deviner, les femmes et les hommes sont devenus multiples, proches mais différents, variés mais uniques. Ils ont changé, selon l'endroit où les ont mené leurs voyages.

Ils se sont adaptés.

Quelles que soient nos origines et nos racines, nous sommes avant tout les enfants de la Terre et des étoiles.



Tous ne sont pas nés de la même mère,
Tous n'ont pas le même grain de peau,
Tous n'ont pas la même lumière,
Tous ne vivent pas dans le même ghetto.

Tous n'ont pas la même espérance,
Tous n'ont pas la même force de vie,
Tous n'ont pas eu la même chance,
Tous n'ont pas de draps dans leurs lits.

Fruits de la paix ou de la colère
Tous pourtant,
Tous pourtant sont des enfants
Les enfants de la Terre.